Promotion de la femme dans les échecs : le label club féminin

Pour aujourd’hui, c’est Sonia Bogdanovsky, qui se définit elle-même comme une « joueuse de base », qui donne son point de vue sur le label féminin décerné par la FFE. Bonne lecture de ce décryptage sans concessions.

Les personnes qui cherchent à «promouvoir la femme dans les échecs» à la FFE veulent sans doute réellement que les échecs se féminisent, afin qu’on arrive à une fédération où il y aura autant de joueurs que de joueuses et où, en haut niveau, les femmes seront aussi fortes que les hommes. Et sur cela, je suis de tout cœur avec eux.

Mais je suis loin de partager leur vision de «la femme» et des moyens utiles et nécessaires pour la «promouvoir» en tant que joueuse. Je l’ai compris quand je suis tombée sur un petit symbole rose violacé sur le site de la FFE à côté du nom d’un club. En cherchant, j’ai découvert que cela voulait dire que ce club était titulaire du « Label club échecs au féminin » de la FFE. 48 clubs sont actuellement titulaires de ce label en France (la liste est disponible sur le site de la fédération, dans l’onglet «féminines»; liste des clubs labellisés 2015-2017). Ils ont le droit de mettre en avant cette distinction dans leur communication avec leurs partenaires privés et les institutions publiques, et la ville où ils se trouvent reçoit une lettre pour signaler la labellisation.

Au départ, l’idée m’a enthousiasmée et je me suis dit que mon club actuel l’obtiendrait facilement : il y a «beaucoup» de femmes par rapport à la plupart des clubs (20% de l’effectif), dont plusieurs à y être capitaine ou à l’avoir été, et on y est considérée comme des membres du club à part entière. Ensuite j’ai lu la Charte pour l’obtention du Label club féminin. Elle contient toute de série de mesures (dont on ne sait pas trop si ce sont des propositions ou des obligations) visant à ce que les femmes se sentent bien dans un club. Et je me suis demandé si j’avais envie que le mien y soit associé.

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Nat.IIF, bilan 2016

Fin janvier 2016, j’avais effectué un compte-rendu partiel de la phase ligue de la Nat.IIF. Il était partiel en ce sens qu’à cette date, plusieurs résultats de matches n’étaient pas encore publiés sur le site de la FFE si bien qu’il m’était impossible, par exemple, de fournir les chiffres exacts de participation. J’avais promis de compléter ce premier compte-rendu dès que possible mais le temps passe et, plus de quatre mois plus tard, la phase interligue a eu lieu, les équipes promues en Nat.IF sont connues mais je désespère malgré tout de pouvoir être parfaitement exhaustive quant aux résultats. Voici donc un bilan chiffré au mieux des informations dont je dispose au 20/06/2016 et sauf erreur de ma part.

La FFE est constituée de 31 ligues mais, en consultant la page de résultats de la FFE pour la phase ligue, on s’aperçoit que pas moins de 10 ligues manquent à l’appel : Auvergne, Corse, Franche-Comté, Guadeloupe, Guyane, Martinique, Mayotte, Nouvelle-Calédonie, Polynésie et Réunion. En l’absence même de leur mention, je considère qu’aucune équipe n’était inscrite et que, de fait, la compétition n’a même pas eu lieu. Par ailleurs, curieusement, pour la ligue de Bourgogne, qui est dûment référencée sur la page de résultats, il n’y a aucune mention d’équipes, de résultats ou de qualifications. Je n’ai aucune explication à ceci mais cela ne m’empêche pas de constater que 11 ligues sans résultats sur 31, ça fait tout de même 35% de non-participation des ligues. L’adhésion libre et spontanée à cette compétition n’est pas flagrante.

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Elles-lections

Femme-Vote[1]

Les élections en vue du renouvellement du comité directeur de la FFE auront lieu début décembre 2016. Vu les statuts, la date limite pour le dépôt des listes est pour bientôt (5 mois calendaires avant la date fixée pour les élections, soit, si je compte bien, pour début juillet) et (je cite) :

« Chaque liste se présentant à l’élection doit comporter 24 candidats éligibles et six suppléants, dont un nombre minimal de 25% de personnes de chacun des deux sexes lorsque la proportion de licenciés de l’un des deux sexes est inférieure à 25 %, ou de 40% lorsque cette proportion est supérieure ou égale à 25 %, conformément à l’article L. 131‐8 du Code du Sport. Pour garantir cette représentation, chaque liste doit comporter un nombre égal de personnes de chacun des deux sexes dans les 12 premières places ».

Cette élection sera évidemment l’occasion de débattre et de confronter des idées et des visions. Sans vouloir être exhaustive et sans mettre un quelconque ordre de priorité, je citerais le développement harmonieux des secteurs professionnel et amateur, la place des clubs scolaires, les partenariats avec différents sponsors, le regroupement des régions mais aussi, bien sûr, les questions que l’association Echecs&Mixte ! soulève quant à la place des femmes à la FFE et, de façon plus générale, dans le monde échiquéen.

En tant que personne morale, l’Association n’a pas vocation à déposer une liste. De plus, l’association doit rester indépendante et libre de ses opinions. Par suite, étant présidente de l’association, je ne serai pas candidate sur une quelconque liste. De fait, je considère avoir la fibre militante plutôt que des ambitions politiques, contrairement à ce que certaines personnes ont pu croire ou prétendre, qui se reconnaitront. En revanche, chacun des membres de l’Association, homme ou femme, est vivement encouragé à défendre les idées prônées par E&M ! et à se présenter, s’il le souhaite, sur la liste de son choix. Il est bien compris que chaque membre est libre de ses actes mais que le bon sens laisse supposer que cette personne aura jugé, en son âme et conscience, que la liste qu’elle aura retenue est la plus en accord avec les idées avancées par E&M !.

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Voter n’est pas jouer

Voilà un bout de temps que je n’avais pas pris le clavier et sauf si vous avez vécu terré dans une grotte, il ne devrait pas vous avoir échappé qu’il y a eu depuis ma dernière intervention sur le site « quelques petits changements » à la FFE.

Dans ce billet, je voudrais reprendre certains points des nouveaux statuts de la FFE, tels qu’ils ont finalement été votés lors de l’AG de février 2016, nouveaux statuts que vous retrouverez dans leur intégralité, accompagnés du nouveau règlement intérieur ici (page WEB de la FFE). Les extraits de ces nouveaux règlements sont indiqués entre guillemets dans tout le texte qui suit.

Ce vote a fait circuler beaucoup d’électrons recyclés sur la toile. Peut-être avez vu passer des sites à durée limitée faisant la chronologie des différents amendements ou bien avez-vous lu ici ou là divers blogs ou discussions sur le sujet. De ces diverses appréciations de l’événement, je ne commenterais que l’annonce officielle de la FFE (à lire ici) et encore, très partiellement. Le titre de cet entrefilet pourrait faire sursauter : ‘statuts adoptés à l’unanimité’, voilà qui pourrait surprendre si l’on a lu les échanges quelques fois musclés ou peu amènes qui ont été publiés par ailleurs. C’est toutefois en même temps exact et quelque peu oublieux de certaines précisions qui ont leur importance.

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Joueuse de club par Sonia Bogdanovsky

Je suis ce qu’on appelle une « joueuse de club ». J’ai 38 ans, je joue depuis que j’en ai 27. Mon élo oscille entre 1500 et 1600. J’ai toujours habité en région parisienne, j’ai connu deux clubs différents, je n’ai bien sûr jamais été rémunérée pour jouer. Je fais aussi de l’arbitrage, je suis devenue AF3 il y a un an (ce qui permet par exemple d’être arbitre principale d’un tournoi sans normes) mais je n’ai pas beaucoup exercé, j’essaye d’arbitrer plus cette année.

L’échiquier féminin
Quand je me suis inscrite en club, je voulais progresser aux échecs, prendre des cours, mais je n’avais pas pensé faire de la compétition. Comme dans mon club la licence était gratuite pour les femmes, je me suis retrouvée avec une licence A et, un jour, on m’a demandé de venir remplacer quelqu’un dans une équipe mixte, je crois que c’était de la N5. Ça m’a vraiment plu, j’ai été surprise. A l’époque, je finissais mes études et je ne pense pas que je me serais payé une licence A directement, c’était trop cher pour moi. La licence offerte venait de ce qu’ils pouvaient avoir besoin de joueuses en N3, donc d’une certaine façon, c’est vrai que c’est l’obligation d’avoir des féminines en nationale qui m’a amenée à la compétition. Après, j’aurais pu aussi m’y intéresser par un autre biais, peut-être au bout de quelques années.

J’ai pas mal joué en N2 et en N3 dans le cadre de « l’échiquier féminin », qui est en fait l’obligation d’avoir au moins une joueuse et un joueur de nationalité française par équipe (sauf que l’homme, il est facile à trouver.) Actuellement, il y a une joueuse à plus de 1800 dans la N2 de mon club, mais elle est souvent indisponible pour raisons professionnelles, alors j’assure ses remplacements. J’ai tenté, une année, d’être à la fois présente en N4 où je me sentais à l’aise, à mon niveau, et d’aller faire des remplacements en N2 quand la première féminine n’était pas disponible. Sauf qu’avec la règle des trois matchs (une fois que vous avez joué trois matchs durant la saison à un niveau, vous ne pouvez plus redescendre dans les divisions inférieures) il y a un moment où ce n’est plus possible et où il faut dire adieu à l’une des deux équipes.

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Mathilde Congiu sur Chess24

A l’occasion de la Journée Internationale des Droits des Femmes, le site Chess24 a donné la parole à des joueuses de haut niveau. C’est ainsi que Mathilde Congiu intervient pour donner ses impressions personnelles sur la situation actuelle des femmes aux échecs et pour présenter l’association Échecs & Mixte !

Pour celles et ceux qui lisent l’espagnol, c’est ici.