Bonne année, bonne mixité !

En cette traditionnelle période de vœux, je ne résiste pas au plaisir de ce titre ! Au nom de l’association, je vous adresse à vous toutes et tous qui nous lisez, qui nous encouragez, qui adhérez, mes plus sincères souhaits de réussite échiquéenne.

L’atmosphère lénifiante d’une période à juste titre appelée « trêve des confiseurs » ne doit pas nous faire occulter la réalité. Si l’association Echecs & Mixte ! existe, c’est bien parce que nous sommes nombreux à trouver qu’ « il y a quelque chose de pourri au royaume des échecs ».

Il se trouve que je suis profondément légaliste et je cherche, autant que faire se peut, à respecter les lois, les décrets, les statuts et les règlements. Je suis aussi démocrate et profondément convaincue de l’intérêt et de la force de la démocratie participative. Ainsi, si une loi ne me semble pas conforme à l’éthique, je trouve normal de réagir via les instances élues, afin que cette loi soit modifiée, amendée et améliorée.

En la circonstance, ce qui s’annonce à la FFE rentre parfaitement dans cette problématique : au tout début de l’année 2016 (le 9 janvier ou le 6 février, si le quorum n’est pas atteint en première instance), aura lieu une AGE (Assemblée Générale Extraordinaire) de la FFE, ayant en particulier pour but une révision des statuts et du règlement intérieur. Vous trouverez la convocation envoyée aux présidents de club ainsi que les propositions de modifications des statuts et du règlement intérieur sur le site de la FFE et j’encourage tout un chacun à lire attentivement ces documents. J’attire votre attention sur les importantes différences qui existent en termes de rôle, de nombre, etc. entre le comité directeur et le bureau de la FFE et qui font que ces deux instances, toutes les deux nécessaires au bon fonctionnement de la FFE, ne doivent pas être confondues.

Vous qui nous lisez et qui soutenez nos idées, interpellez les présidents de club, appelés à voter lors de cette AGE, afin que soit posées, en préambule du vote et afin de lancer un débat salutaire, les deux questions suivantes :

  • Pourquoi la composition de l’actuel bureau de la FFE n’est-elle pas en accord, et ce depuis environ une année (au moins depuis l’éviction d’Aurélie Dacalor, suite à la pétition lancée par notre association), avec les statuts de la FFE qui stipulent que le bureau doit comporter un nombre de femmes, prises dans le comité directeur, en nombre (je cite) « garantissant leur représentation proportionnellement au nombre de licenciées éligibles selon les statistiques de la saison en cours » ? (Livre de la FFE, version de nov. 2015, articles 2.4.2 et 2.3.2).

D’après le site de la FFE, le bureau comporte actuellement sept membres (Messieurs Diego Salazar, Eric Prié, Didier Fretel, Kennisthon Pousse, Olivier Delabarre, Patrick Lauferon et Christophe Leroy) et il ne vous aura pas échappé qu’aucun d’eux ne peut être pris pour une femme. Est-ce à dire que toutes les licenciées éligibles de la FFE auraient brusquement rendu leur carte, faisant brutalement (et opportunément) chuter à zéro les statistiques féminines ?

  • Comment le président de la FFE compte-t-il rendre légal et conforme aux (nouveaux) statuts le comité directeur de la FFE si les modifications proposées au vote sont adoptées ?

Pour l’heure, le comité comporte 23 membres dont 3 femmes (Mesdames Anémone Kulczak, Nino Maizuradze et Mélanie Verot, qui pourraient donc pourvoir le bureau en femmes, soit dit en passant). Les modifications proposées au vote limiteraient le nombre maximum de membres à 24, avec au moins 6 femmes si le pourcentage de licenciées est inférieur à 25 % et au moins 10 femmes si ce pourcentage dépasse ou égale 25 %. Les tous derniers chiffres de la FFE (datés du 01/01/2016 à 2h20) donnent une proportion de femmes égale à 18,57 %. Ainsi, en se basant sur ces chiffres, il manquerait donc au moins trois femmes au comité directeur dans sa forme actuelle pour être en conformité avec les nouveaux textes !

Par conséquent, il faudrait revoir profondément la composition du comité directeur, en y adjoignant trois femmes, et ceci en suivant l’article 6.5 de ces mêmes nouveaux statuts, qui oblige à puiser parmi les candidates présentes sur les listes de la dernière élection générale de la FFE. Cependant, et c’est là que la question posée prend tout son sens, 23 + 3 = 26, valeur supérieure à la limite de 24 des nouveaux statuts. Malheureusement, l’article 6.5 ne définit que les règles de vacance de poste, ne donnant aucune indication sur la façon de gérer un comité comportant trop de membres (plus précisément, dans le cas présent, trop d’hommes). Il s’agirait donc de convaincre au moins deux membres masculins de se porter volontaires à la démission. Je serais tout à fait curieuse de savoir comment se dérouleront ces négociations.

  • Question subsidiaire n°1 (mais pas sans intérêt) : Le pourcentage de licenciées servant à la détermination du nombre de femmes dans le comité est-il pris à la date du vote ou en considérant les licences de l’année sportive échue ? Notez que le code du sport (article L131.8) n’est pas plus explicite que cela sur cette question. Globalement, je crains que nous n’atteignions pas les 25% fatidiques, quel que soit le mode de calcul, ce qui réduira d’autant le casse-tête administratif que j’ai soulevé à la question 2, mais il est un fait avéré que les femmes ont tendance à s’inscrire plus tard que les hommes. Ainsi, je pense que pour cette année encore, les 18,57 % de femmes de ce 01/01/2016 augmenteront jusqu’à se rapprocher des 22% de la saison 2014/2015, chiffre arrêté au 31 août 2015.
  • Question subsidiaire n°2 (mais toujours intéressante) : Les statuts et le règlement intérieur nouvelles formules seront-ils examinés et votés dans leur ensemble ou article après article ?

En tant que simple joueur ou joueuse, vous pensez sans doute que vous n’avez pas de poids dans le scrutin de l’AGE. Bien au contraire ! C’est le moment où jamais de faire pression auprès du président ou de la présidente de votre club pour qu’il/elle participe au vote (la liberté de vote ne s’use que si l’on ne s’en sert pas, c’est bien connu) et qu’il/elle demande à ce que des explications claires soient fournies lors de ce grand moment de la vie de la FFE qu’est une AGE aussi importante que celle qui s’annonce. Notez que les statuts ne peuvent être modifiés qu’à la majorité des deux tiers des membres présents ou représentés, représentant au moins les deux tiers des voix : chaque voix compte et vos protestations et vos interrogations peuvent (et doivent) être relayées par ceux et celles qui vous représentent !

 

A tous, bon vote.

Isabelle Billard

 

Code du sport, article L131.8

 

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