Pourquoi j’ai joué mes pairs* (et pourquoi j’aurais aimé ne pas avoir à le faire)

Le dimanche 17 janvier 2016, avait lieu la phase ligue des interclubs adultes féminins, j’ai nommé la nationale II féminine. Malgré l’intitulé assez prestigieux, il faut raison garder : la « Nat.IIF » n’est que le niveau d’entrée de ces interclubs, autrement dit, le niveau le plus bas et le joli logo spécialement conçu par la FFE ne change pas grand-chose à cette réalité.

LogoNationale2Fréduit

Vous vous doutez bien que c’est un sujet très discuté – et disputé – au sein de l’association Échecs & Mixte ! et pour être honnête, on peut trouver divers arguments, pour ou contre, bons ou mauvais, si bien qu’en tant que présidente de l’association, je ne me serais pas permise de lancer un mot d’ordre à ce sujet. Je voudrais vous raconter cette journée de Nat.IIF telle que je l’ai vécue et en tirer quelques conclusions de portée générale.

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Bonne année, bonne mixité !

En cette traditionnelle période de vœux, je ne résiste pas au plaisir de ce titre ! Au nom de l’association, je vous adresse à vous toutes et tous qui nous lisez, qui nous encouragez, qui adhérez, mes plus sincères souhaits de réussite échiquéenne.

L’atmosphère lénifiante d’une période à juste titre appelée « trêve des confiseurs » ne doit pas nous faire occulter la réalité. Si l’association Echecs & Mixte ! existe, c’est bien parce que nous sommes nombreux à trouver qu’ « il y a quelque chose de pourri au royaume des échecs ».

Il se trouve que je suis profondément légaliste et je cherche, autant que faire se peut, à respecter les lois, les décrets, les statuts et les règlements. Je suis aussi démocrate et profondément convaincue de l’intérêt et de la force de la démocratie participative. Ainsi, si une loi ne me semble pas conforme à l’éthique, je trouve normal de réagir via les instances élues, afin que cette loi soit modifiée, amendée et améliorée.

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État des lieux de la mixité dans les championnats jeunes (départements & ligues)

Les résultats de ces dernières années des championnats jeunes départementaux, de ligue (petits poussins à minimes) et de France (petits poussins à juniors) ont été compilés à partir des données présentes sur le site de la FFE.

Vous pouvez les télécharger à partir des liens ci-dessous :

Avec ces données, nous espérons nourrir la réflexion et le débat à propos de la mixité des championnats jeunes. N’hésitez donc pas à vous en servir. Si vous remarquez des erreurs dans les fichiers, faites-le moi savoir via la page contact du site, et je les corrigerai.

Voici quelques remarques à propos des niveaux départements et ligues :

  1. Il manque des résultats. Il est possible que certains départements n’organisent pas de championnats, faute de participants, mais dans beaucoup de cas il semble que les résultats n’ont tout simplement pas été envoyés.
  1. Il y a une grande diversité de pratiques quant à la mixité (les exemples sont tirés de la saison 2014-2015) :
  • Quelques rares championnats sont mixtes par principe : le département de Paris (IDF751), la ligue de Basse-Normandie (BNO) et la ligue du Lyonnais (LYO). Dans ce dernier cas, la transition vers des championnats mixtes est en cours. En 2015, seuls les tournois petits-poussins et poussins étaient concernés. Bien sûr, la mixité de principe au niveau d’une ligue n’entraîne pas forcément la mixité de principe au niveau des départements qui la composent.
  • Quelques départements refusent absolument la mixité. Ainsi on voit plus d’une fois dans les données des championnats de catégories féminines à deux concurrentes avec des matchs simples (FRC), aller-retour (PCH, LIM), à 4 parties (PIC, LAN30, LAN48, PRO13), à 5 parties (MPY65) ou à 6 parties (HNO27, PRO04-05).
  • Il est possible que dans certains départements, lorsqu’il n’y a qu’une seule joueuse dans une catégorie, elle ne joue pas du tout plutôt que d’être intégrée au championnat mixte correspondant. La plupart du temps, il est bien sûr impossible de savoir s’il n’y avait pas d’inscrites ou si la seule inscrite n’a pas joué ; et je n’ai envisagé ce cas de figure qu’après avoir vu des fiches de tournois avec une seule participante (en 2014-2015, voir en Poitou-Charente, catégorie poussines).
  • Certains départements préfèrent mélanger en priorité les catégories d’âge plutôt que d’avoir des championnats mixtes (HNO27, PDL53, LIM87, CAZ83, CAZ06).
  • On trouve aussi des innovations inattendues : un département a ainsi organisé des championnats mixtes, mais en intégrant les filles à la catégorie d’âge inférieure – les benjamines avec les pupilles et les pupillettes avec les poussins (FRC70).
  • Un autre département a fait jouer ses benjamines et minimes filles avec les exempts des autres tournois (poussins à minimes, garçons et filles) plutôt que de les intégrer dans la catégorie mixte correspondante (MPY31).
  • Certains départements, du fait du manque de joueurs, regroupent leurs championnats. Une séparation mixte/filles est parfois maintenue, avec à nouveau, des championnats à deux ou trois joueuses, à rondes multiples (PRO04-05).
  • Un département a organisé un championnat mixte en intégrant les deux seules filles. La particularité a été de faire jouer les deux filles ensemble à la dernière ronde, sans doute pour que cela constitue leur « championnat féminin séparé » (BRE35).
  • La plupart des départements semblent avoir une approche plus pragmatique : championnats séparés quand les organisateurs estiment que les filles sont en nombre « suffisant », mixtes quand ce n’est pas le cas. Le sens que l’on donne à « suffisant » est primordial : dans nombre de cas, il n’est à l’évidence pas considéré comme synonyme de « permettant de faire autant de rondes (simples) que prévu ».
  • Ainsi, dans les championnats non mixtes, il est très fréquent (pour ne pas dire la norme) que les filles jouent moins de rondes que les garçons ou bien jouent plusieurs fois contre les mêmes adversaires.

Cette diversité interpelle parce que cela veut dire que les filles sont traitées différemment selon le lieu, le niveau (département ou ligue), la catégorie d’âge et l’année. De plus on imagine que les filles ne connaissent leur tournoi (mixte ou féminin) qu’au dernier moment. Les garçons bénéficient d’une stabilité bien plus grande.

Ce qui apparaît également dans ces données est que la mixité est déjà une réalité dans de nombreux endroits – elle est même en augmentation, sans que ça ait l’air de poser de problème. Par contre, elle semble être considérée comme un « moindre mal » (à l’exception des rares cas de mixité de principe). Il s’agit donc de la promouvoir au contraire comme un atout, un vecteur d’égalité entre garçons et filles et comme un moyen de progression pour ces dernières.

Il y a beaucoup de choses à tirer de ces données, et ce sera l’une des prochaines tâches d’Échecs & Mixte. Pour l’instant, pour vous donner envie d’y regarder de plus près et pour montrer que les filles ne sont pas ridicules en championnats mixtes, je me suis amusée à relever le nombre de ceux-ci2, le nombre de podiums comprenant au moins une fille et le nombre de premières places occupées par une fille. Bien sûr, cela ne nous dit rien de la différence entre les niveaux moyens des garçons et des filles.

J’ai considéré uniquement le numéro de la place dans la grille, en négligeant les ex-æquo et départages.

DépartementsNombre de championnats mixtesNombre de podiums avec au moins une filleNombre de championnats remportés par une fille
2012-201312048 (40%)9 (9%)
2013-201416261 (38%)16 (10%)
2014-201516780 (48%)18 (11%)
2015-201616057 (36̈%)18 (11̈%)
2016-201718465 (35%)16 (9%)

LiguesNombre de championnats mixtesNombre de podiums avec au moins une filleNombre de championnats remportés par une fille
2012-2013225 (23%)2 (9%)
2013-2014257 (28%)0 (0%)
2014-20153811 (29%)3 (8%)
2015-2016355 (14%)1 (3%)
2016-20173810 (26%)2 (5%)

 

 

  1. Les départements sont désignés par l’abréviation de la ligue, suivi du numéro de département []
  2. C’est à dire, les championnats effectivement mixtes, où l’on trouve au moins une fille et un garçon []

Vide-mecum

guidePromise depuis longtemps, voici enfin une analyse de texte détaillée du « Guide de l’organisation des compétitions féminines », (septembre 2013) fascicule qui a reçu le label de la FFE, s’il vous plait. Je vous engage à le relire posément), ainsi qu’à consulter ses annexes. Dans la suite de ce billet d’humeur, et par souci de clarté, les citations du guide seront toujours entre guillemets et en italique. Les citations d’autres sources seront seulement entre guillemets, afin de les distinguer aisément des précédentes.

Sur le principe, un guide de l’organisation des compétitions serait d’une très grande utilité. Dans le détail, le fait que ce guide soit destiné à l’organisation des compétitions féminines laisse entendre qu’elles sont particulières. Par suite, on attendrait avec curiosité de lire le guide dédié à l’organisation des compétitions mixtes, à fins de comparaison. Malheureusement, à ma connaissance, ce guide n’est pas disponible.

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A propos des prix féminins dans les Opens d’échecs

L’Open international de Villard de Lans, organisé par l’Echiquier grenoblois dont je suis membre s’est achevé le 4 juillet, avec la traditionnelle remise des prix. Ce tournoi était, pour la première fois, découpé en un tournoi « principal », ouvert à tous et toutes, sans distinction d’Elo ou autre critère, et un tournoi « Accession », limité aux Elos strictement inférieurs à 1501, auquel j’ai participé. Le tournoi « Accession » a rassemblé 52 inscrits dont 16 féminines, soit un peu plus de 30%, allant des catégories vétéran à poussine et il était doté de divers prix. Outre les prix généraux et par catégories Elo, il y avait deux autres types de prix : un prix ‘vétéran’ et deux prix ‘féminins’ et il se trouve que j’ai eu le délicat honneur de remporter le premier prix féminin, doté de 50 €. Vous allez me dire, en éclatant de rire, que c’est vraiment le diable qui m’a offert ce cadeau empoisonné, et je vous répondrai, avec un sourire, que je ne crois pas en une entité immanente, bonne ou mauvaise mais que je vous accorde que c’est une amusante coïncidence.

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Site WEB: ça démarre !

Comme vous avez pu le constater en musardant sur le site, celui-ci n’a pas encore atteint sa vitesse de croisière mais les rubriques s’étoffent. En dehors des billets d’humeur, qui abordent de façon humoristique (du moins je l’espère !) des sujets de fond (si, si, lisez bien), dans les temps à venir, la série « parité, égalité, comptabilité » [1] présentera un panorama aussi complet et détaillé que possible de la situation actuelle à la FFE : des chiffres, des chiffres et encore des chiffres mais, j’en suis convaincue, des chiffres naissent les idées. Notre association n’a pas pour seul but de mettre à plat la situation actuelle et elle est aussi force de proposition, pour preuve la proposition alternative à la `féminine obligatoire’, véritable casse-tête des présidents de clubs. Nous préparons également des interviews et une étude sur les championnats départementaux.

Pour l’heure, n’hésitez pas à nous faire part de vos attentes et suggestions via le site, comme certains l’ont déjà fait et si vous soutenez les idées que nous défendons, adhérez et faites adhérer votre club d’échecs !

Isabelle Billard

[1]: pour vous pousser à surfer sur le site, les titres des différents numéros de la série n’auront pas de lien direct entre eux…

Aurélie DacalorAurélie DacalorAurélie DacalorAurélie DacalorAurélie DacalorAurélie DacalorAurélie DacalorAurélie Dacalor