[Mise à jour] État des lieux de la mixité dans les championnats jeunes (départements & ligues)

Voici la suite du travail de compilation des résultats des championnats jeunes départementaux et de ligue (petits poussins à minimes) et de France (petits poussins à juniors). Le but est d’avoir une idée de la progression de la mixité sur l’ensemble du territoire. Vous trouverez ces données en suivant les liens suivants : championnats départementaux, championnats de ligue, championnats de France.

Les dernières données récoltées concernent l’année 2016-2017, donc avant que les nouvelles ligues ne prennent le relais. Ce sera très intéressant de voir comment ce nouveau découpage va affecter (ou non) la mixité des championnats jeunes.

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[Sonia Bogdanovsky] Sur la coupe de la parité 2017 : Ou comment pourrait-on éviter « les hommes devant, les femmes derrière » ?

Quand il est arrivé dans la salle de jeu, l’un de mes joueurs s’est écrié « Oh mais qu’est-ce qu’il y a comme joueuses ! J’ai jamais vu ça dans un tournoi… Attends, j’ai l’impression qu’il y a autant de joueurs que de joueuses, je vais compter… » Il a donc commencé à compter, jusqu’à ce qu’un autre joueur de l’équipe lui tape sur l’épaule en souriant et lui dise « Mais tu sais, on est à la Coupe de la parité, qu’il y ait autant d’hommes que de femmes, c’est précisément le principe ! » Donc, voilà, c’est ça La Coupe de la Parité : une journée ou deux où, aux échecs, on fait comme si, comme dans la vraie vie, avec autant d’hommes que de femmes dans la salle, un peu comme si c’était normal aux échecs. Je sais que pour certaines joueuses ce type de compétitions, comme les tournois féminins, donne un peu l’impression de jouer dans une réserve naturelle, mais j’aime beaucoup cette compétition. Je l’ai jouée à chaque fois que j’ai pu, ne dépassant néanmoins jamais la phase Ligue. L’ambiance est agréable, et je trouve que c’est une bonne idée de faire jouer des équipes mixtes et aussi, si possible, de faire jouer des joueurs contre des joueuses. Elle me semble toujours un bon indice de la recherche de mixité dans les clubs : si un club est capable de faire une équipe mixte, cela veut dire qu’ils ont au moins deux joueuses, qu’elles ont envie de faire de la compétition au moins une fois dans l’année et qu’il y a des joueurs qui ont envie de participer avec elles. Et tous les clubs n’ont pas ça.

50-50

Du point de vue réglementaire ça se joue par équipes de quatre, chacune composée de deux joueurs et deux joueuses (avec éventuellement un et une remplaçant-e), le total Elo des joueurs ne devant pas dépasser 8000 points à la cadence FFE 50min+10s/coup. Les joueurs sont classés selon leur élo (le plus fort est à l’échiquier 1, le plus faible au 4) avec possibilité d’inverser deux joueurs si leur différence d’elo est de moins de 100 points.

Cette année c’était mieux…

Jusqu’à présent je me disais que cette cadence qui ne compte pas pour le Elo Fide freinait l’envie de participer à cette coupe, mais je constate que la participation augmente. L’année dernière en Île-de-France, la phase Ligue, qui se déroulait comme cette année dans Paris intra-muros, avait accueilli 6 équipes. Cette année c’est monté à 9 équipes représentant 8 clubs et je dois dire que dans le détail pas mal de choses vont un peu mieux. La convivialité de la compétition et une date sans doute bien choisie ont sans doute amené l’envie d’y participer, même si elle compte « pour du beurre » (c’est à dire pour le Elo FFE).

En IDF, l’an dernier, d’un point de vue « promotion des échecs féminins », c’était une grosse déprime. Sur 6 équipes, quatre avaient placé leurs joueurs aux échiquiers 1 et 2 et leurs joueuses aux 3 et 4 (appelons ça la composition MMFF). Les deux seules équipes à avoir une joueuse sur l’un des deux premiers échiquiers étaient celles dont le total Elo était le plus faible. Et une seule équipe (la mienne) avait une femme pour capitaine. Quand je posais la question sur ces points aux autres équipes, on me répondait « c’est pas très important qui est capitaine dans ce genre de compétition » et « les garçons sont devant parce qu’ils sont plus forts. » Je veux bien croire qu’un capitaine d’équipe, dans une compétition d’une journée, a rarement un rôle crucial (même si motiver les joueurs et signaler l’opportunité de proposer nulle, ce n’est pas un détail). Mais justement, comme une telle compétition est une bonne occasion pour une joueuse de se faire la main comme capitaine, les clubs devraient les y pousser. Et pour le reste oui, dans beaucoup de clubs les masculins sont souvent globalement plus forts que les féminines. Mais constater que, dans les faits, à la Coupe de la parité, les femmes jouent contre les femmes et les hommes contre les hommes dans des équipes menées par des hommes, c’est quand même tristoune comme vision de la « parité ». C’est bien beau d’être dans des équipes mixtes, mais si ça devient une extension de la « féminine obligatoire », trop souvent cantonnée au huitième échiquier à jouer contre son homologue du club adverse, je ne vois pas trop l’intérêt…

Cette année, sur ces questions, ça s’arrangeait et c’était une vraie bonne surprise. Sur neuf équipes, quatre avaient donc des capitaines féminines. Quatre équipes avaient aussi une joueuse à un de leurs deux premiers échiquiers (composition FMMF ou MFMF) tandis que les cinq autres étaient toujours sur le mode « les hommes devant, les femmes derrière » (ne rêvons pas trop : aucun équipe, évidemment, n’avaient mis deux joueuses aux deux premiers.)

Néanmoins…

Si on regarde encore plus dans le détail, échiquier par échiquier (attention, ça devient un peu aride comme manière de compter), une seule équipe avait une joueuse au premier. Trois équipes avaient une femme au deuxième. Sept joueuses occupaient un troisième échiquier, sept encore occupaient le quatrième de leur équipe (ce qui fait donc huit joueurs masculins aux premiers échiquiers, six aux seconds, et trois aux troisièmes comme aux quatrièmes). Donc 14 femmes aux 3 et 4 pour 6 hommes (et 14 hommes pour six femmes aux 1 et 2). Ce qui signifie que si vous êtes une femme et que vous jouiez au troisième ou au quatrième vous aviez deux fois plus de chances d’affronter des féminines que des masculins à chaque match, et inversement pour les hommes aux 1 et 2. Vous allez me dire que ce n’est pas si grave : après tout, les joueuses féminines jouent très souvent contre des hommes en tournoi individuel, alors ce n’est pas un problème qu’elles jouent entre elles une fois par an… Oui mais les joueurs masculins jouent beaucoup plus rarement contre des femmes. Et une telle compétition devrait peut-être servir à ça, à voir qu’on peut jouer dans la même journée autant contre des femmes que contre des hommes, et que ce n’est pas nécessairement différent comme manière de jouer (ou alors je n’ai pas compris du tout à quoi sert cette compétition, c’est possible aussi.)

J’ai regardé les tableaux de la phase finale de la Coupe. Sur 16 équipes qualifiées, 15 ont disputé la compétition. La composition peut un peu varier (on a le droit d’inscrire trois joueurs et trois joueuses pour assurer un remplacement) mais sur la ronde 1 comme sur la ronde 5 on ne trouve pas moins de 12 équipes qui ont aligné leurs joueurs selon la composition MMFF (« les hommes devant les femmes derrière »). Seules trois plaçaient une joueuse à l’un des deux premiers échiquiers (Nîmes, troisième de la coupe avec une composition FMMF, Garches qui fait cinquième avec le même type de composition, et Gonfreville, treizième, avec MFMF).

Je comprends bien qu’on vient pour jouer, qu’on est heureux d’avoir une équipe qui fonctionne bien, et qu’on peut se dire à première vue que l’essentiel est de faire jouer des hommes et des femmes dans la même équipe. Et les échos que j’ai eus de cette phase finale étaient très positifs : une compétition conviviale, un cadre magnifique, que du bonheur. Il n’empêche que ça me fait quand même bizarre que ce soit ça, la parité aux échecs : être quasi certain qu’on va tomber contre quelqu’un du même sexe comme adversaire. Je me demande souvent ce que ça donnerait si on rajoutait un article dans le règlement qui impose qu’au moins une femme doive se trouver sur l’un des premiers échiquiers. Est-ce qu’on aurait alors uniquement la composition MFMF et ça reviendrait au même ? Est-ce que limiter la différence Elo entre les joueurs et les joueuses serait une solution ? (sans arriver à une usine à gaz réglementaire, évidemment). Ou est-ce qu’on ne devrait pas avoir tout simplement la même formule que pour la Coupe de France : se débarrasser de la règle des 100 points et permettre de mélanger les classements Elo ? Juste histoire que ce soit un peu plus comme dans la vraie vie, un monde où les hommes et les femmes sont mélangés, et pas toujours « les hommes devant les femmes derrière »…

poignée de mains

Top12 au féminin

A la une du site de la FFE, il y avait hier une vidéo sur le sujet « Top 12 au féminin ». Musique dynamique, de beaux portraits de joueuses, concentrées, ayant visiblement l’envie d’en découdre sur l’échiquier. La parole leur est ensuite donnée.

A part l’intervention finale de Marie Sebag avec une portée générale sur les jeunes joueuses – qui abandonnent malheureusement en trop grand nombre les échecs à l’adolescence, les autres joueuses interviewées (Fiona Steil-Antoni, Camille de Seroux et Cécile Haussernot) parlent de leur expérience concrète dans le Top12. Et on retrouve principalement des aspects déjà développés ici (ce qui montre bien que ce n’est pas le ressenti d’une seule joueuse), à savoir :

  • le fait de jouer éternellement contre les mêmes adversaires,
  • le fait de devoir sans cesse chercher de nouvelles lignes pour essayer de surprendre ces adversaires qu’on a rencontrées d’innombrables fois,
  • le fait de jouer régulièrement contre de bonnes amies, ce qui exige un effort supplémentaire d’abstraction.

Mais au-delà de ce constat de la part des joueuses, on peut regretter l’absence de questionnement de l’ensemble du monde échiquéen sur ce sujet. C’est ce silence qui m’a frappée dans cette vidéo. On dirait que cette situation tombe du ciel, qu’il faut bien s’y faire puisque « c’est la vie », que c’est aux joueuses de prendre sur elles et de s’adapter au mieux.

Pourtant si cette situation touche particulièrement et principalement les joueuses – infiniment plus que les joueurs, c’est bien parce que cela découle d’une décision de la Fédération : la fameuse féminine obligatoire.

Est-ce qu’on ne pourrait pas prendre acte des (gros) désavantages de cette règle et chercher d’autres moyens de soutenir le haut niveau féminin, y compris financièrement ? Sommes-nous, joueurs et joueuses d’échecs, si dépourvus d’imagination que nous ne puissions remettre en cause une règle qui concentre les joueuses entre elles, ce qui a nécessairement des effets néfastes sur le plan sportif ?

Appel à cotisations 2017

En adhérant à l’association Échecs & Mixte (ici), vous soutenez l’association et lui donnez plus de visibilité (l’adhésion est de 10€ par an et par personne, morale ou physique). Cela permet à l’association de financer son site internet et aussi d’intervenir dans des évènements échiquéens, comme par exemple le débat pour les élections de la FFE.

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Les quatre listes de décembre en marche

La campagne pour l’élection présidentielle (à la FFE) a officiellement débuté avec la parution des listes de candidatures (que vous retrouverez ici, accompagnées des programmes des candidats). Nous vous invitons vivement à lire ces quatre professions de foi avec attention, afin de vous faire une opinion personnelle. Dans la suite du texte, nous ferons référence à ces listes et programmes par les abréviations DO (Dornbusch), ES (Escafre), IA (Iasoni) et KO (Kouatly).

L’association Échecs & Mixte ! a procédé à une rigoureuse analyse de texte de ces pages. Espérant pouvoir apporter une pierre constructive aux débats qui s’annoncent, nous vous livrons ci-dessous nos commentaires. Il s’agit de discuter ouvertement de nombreux points qui nous paraissent importants dans le cadre de cette élection qui fait suite à des événements exceptionnels pour la fédération. Dans cette optique, nos commentaires dépassent quelque peu le cadre des buts de l’association car nous n’avons pas la prétention de croire que la seule question de la mixité soit vitale pour l’avenir de la FFE.

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Mathilde Congiu sur Chess24

A l’occasion de la Journée Internationale des Droits des Femmes, le site Chess24 a donné la parole à des joueuses de haut niveau. C’est ainsi que Mathilde Congiu intervient pour donner ses impressions personnelles sur la situation actuelle des femmes aux échecs et pour présenter l’association Échecs & Mixte !

Pour celles et ceux qui lisent l’espagnol, c’est ici.

État des lieux de la mixité dans les championnats jeunes (départements & ligues)

Les résultats de ces dernières années des championnats jeunes départementaux, de ligue (petits poussins à minimes) et de France (petits poussins à juniors) ont été compilés à partir des données présentes sur le site de la FFE.

Vous pouvez les télécharger à partir des liens ci-dessous :

Avec ces données, nous espérons nourrir la réflexion et le débat à propos de la mixité des championnats jeunes.

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France jeunes : quelle catégorie (mixte ou filles) allez-vous choisir ?

 

Les phases qualificatives (départements et ligues) pour les championnats de France jeunes vont bientôt commencer. Pour toutes les joueuses et leurs parents une question se pose au préalable : dans quelle catégorie allez-vous vous inscrire ou inscrire votre fille ? En mixte ou en filles ? Et qu’est-ce que l’association Échecs & Mixte ! peut apporter aux joueuses face à cette question ?

Lors de la pétition pour la mixité des championnats de France jeunes, un certain nombre de personnes ont argué que cette pétition était sans objet, que les championnats de France jeunes étaient déjà mixtes, et que les filles souhaitant jouer en mixte pouvaient le faire sans aucun problème. J’imagine donc que des centaines de jeunes filles et leurs parents se posent tous les anschpFj-2015-pau la question « dans quelle catégorie jouer cette année ? », évaluent les pour et les contre et choisissent en ayant pleinement conscience des implications de ce choix.

Ce n’est pourtant pas l’impression que donnent les témoignages publiés sur ce site. Ce qui a plutôt l’air de se passer, c’est que les filles s’inscrivent ou sont inscrites massivement dans les championnats féminins sans que la question se pose vraiment. Ou lorsqu’elles le font, les pressions diverses (regard des autres, système de qualification) sont suffisamment fortes pour qu’elles n’aient pas l’impression d’avoir un réel choix.

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Bibliographie « (in)égalité hommes/femmes aux échecs »

L’association Échecs & Mixte ! entreprend de rassembler les publications (scientifiques ou non) adressant le thème de l’égalité ou de l’inégalité des hommes et des femmes vis-à-vis du jeu d’échecs, en ce qui concerne les statistiques, les différents faits sociaux ou historiques, le cerveau, la physiologie en général, etc. Le but de cette bibliographie est de permettre aux lecteurs d’avoir accès à la littérature sur le sujet et aussi de faciliter de futures recherches.

Cette bibliographie sera mise à jour au fur et à mesure que nous découvrirons de nouvelles références. N’hésitez pas à contribuer !

(Par commodité, nous avons attaché les articles de type « réponse » ou « diffusion » à la référence originale)

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