A voté !

    Les résultats de l’élection présidentielle à la FFE sont désormais connus : environ 62 % pour la liste de B. Kouatly, à peu près 36 % pour celle de S. Escafre et approximativement 2% pour celle de P. Dornbusch. Le comité directeur de la FFE est donc composé de 20 membres de la liste Kouatly et de 4 de la liste Escafre. La toile échiquéenne fourmille de sites où chacun peut s’exprimer et commenter ces résultats, et vous trouverez ici  un résumé vidéo de cette journée de samedi, notamment avec le dernier discours de chacun des candidats avant le vote et les chiffres exacts annoncés par le président de la commission de surveillance des opérations électorales en personne.

    Il est difficile, après tant d’élections (à la présidence de la république française) de commenter ces résultats FFE sans avoir l’impression d’écrire en langue de bois mais E&M ! va faire de son mieux. Avec presque 87 % de participation, il est convenu mais justifié de parler de vote massif, ce qui est une excellente nouvelle.  Les clubs se sont sentis concernés et investis d’une mission : donner à la FFE un président à la légitimité incontestable. Le détail des pourcentages attribués à chaque liste est aussi un message triplement clair et sans appel : La candidature de P. Dornbusch n’a pas convaincu au-delà d’un très petit cercle de sympathisants. Sans vouloir préjuger des raisons des uns et des autres, il n’est pas impossible qu’un programme se résumant trop souvent à la question de l’audit n’ait pas suffi à déplacer les foules et que le leitmotiv de la ‘FFE nouvelle et moderne’, quoique sonnant bien, ait interloqué ceux qui ont vu sur le web des photos et des vidéos de campagne du candidat avec une pendule mécanique ou un téléphone du siècle dernier. N’épiloguons pas et soulignons que P. Dornbusch s’est révélé beau joueur en saluant sans flagornerie le vainqueur de l’élection, sans oublier celui classé deuxième. L’élégance mérite d’être saluée. En ce qui concerne la liste de S. Escafre, membre du CD précédent et président par intérim pendant quelques mois, 36 % ce n’est pas à proprement parler un succès, et cela s’apparenterait plutôt à une claque, qu’on ait voté pour ou contre ce candidat. Là encore, il est impossible de connaitre le secret des urnes mais on peut penser que les hésitations du candidat entre travail bénévole et rétribué, la posture adoptée de l’éternel critique infiltré au CD, ainsi que les pamphlets publiés par d’autres, n’ont pas permis à de nombreux présidents de club d’adhérer totalement à un programme dont le slogan affichait « fédérer » et « bâtir » comme verbes principaux. Pour ces deux listes, les raisons entrevues et citées ici ne sont très probablement pas les seules, aussi ne nous attardons pas car l’important pour la FFE, maintenant, et pour les 4 ans à venir, est ailleurs.

     Le nouveau président a devant lui un chantier : Il faudra renouer une relation de confiance avec des employés sans doute secoués par la démission fracassante du DTN. Il devra, pour suivre son programme, mener de front le développement des échecs de masse et assurer le soutien aux élites, comme annoncé juste après l’élection par un de ses colistiers. Il devra gérer au mieux la manne financière qu’il a promise, pour qu’elle ne soit pas juste un emplâtre sur une jambe de bois mais qu’elle serve effectivement ses objectifs, le moindre n’étant pas celui des 100 000 licenciés à la fin de cette mandature, signe avéré d’une médiatisation dont, lorsqu’il était candidat, le président maintenant élu a fait un cheval de bataille.

    Modestement, parce que E&M ! ne se juge pas la mieux qualifiée pour traiter des tous les sujets, mais avec insistance, parce que E&M ! estime avoir enfin droit au chapitre, l’association E&M ! appelle de ses vœux une refonte complète du secteur féminin de la FFE et en particulier de sa commission, qui n’a pas été le lieu de débats contradictoires et d’expérimentations évaluées en continu qu’elle aurait dû être.

      Depuis sa création, l’association a milité pour des championnats jeunes départementaux et de ligues qui soient uniquement mixtes, avec chiffres et arguments. E&M ! a fait une proposition concrète, mode d’emploi à l’appui, pour remplacer la mesure si décriée de la « féminine obligatoire ». Nous avons proposé une réécriture de l’unique guide des organisateurs de tournois, suggéré que les critères d’attribution du label féminin n’étaient peut-être pas tous appropriés. Nous défendons ces idées et bien d’autres, depuis le début. Ce sont des propositions mûrement réfléchies, nullement opportunistes, qui sont issues de débats parfois vifs au sein de l’association, qui nous ont souvent plongés, tous et toutes, dans le doute, mais auxquelles nous croyons et tenons.

Sur ce sujet ainsi que sur tous les autres, la tâche est immense. L’association E&M ! est bien sûr disposée à apporter son concours, de manière constructive et à la guise de la nouvelle équipe qui prône l’ouverture. Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les membres du bureau et du CD, bon travail !

 

Isabelle Billard

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