État des lieux de la mixité dans les championnats jeunes (départements & ligues)

Les résultats de ces dernières années des championnats jeunes départementaux, de ligue (petits poussins à minimes) et de France (petits poussins à juniors) ont été compilés à partir des données présentes sur le site de la FFE.

Vous pouvez les télécharger à partir des liens ci-dessous :

Avec ces données, nous espérons nourrir la réflexion et le débat à propos de la mixité des championnats jeunes. N’hésitez donc pas à vous en servir. Si vous remarquez des erreurs dans les fichiers, faites-le moi savoir via la page contact du site, et je les corrigerai.

Voici quelques remarques à propos des niveaux départements et ligues :

  1. Il manque des résultats. Il est possible que certains départements n’organisent pas de championnats, faute de participants, mais dans beaucoup de cas il semble que les résultats n’ont tout simplement pas été envoyés.
  1. Il y a une grande diversité de pratiques quant à la mixité (les exemples sont tirés de la saison 2014-2015) :
  • Quelques rares championnats sont mixtes par principe : le département de Paris (IDF751), la ligue de Basse-Normandie (BNO) et la ligue du Lyonnais (LYO). Dans ce dernier cas, la transition vers des championnats mixtes est en cours. En 2015, seuls les tournois petits-poussins et poussins étaient concernés. Bien sûr, la mixité de principe au niveau d’une ligue n’entraîne pas forcément la mixité de principe au niveau des départements qui la composent.
  • Quelques départements refusent absolument la mixité. Ainsi on voit plus d’une fois dans les données des championnats de catégories féminines à deux concurrentes avec des matchs simples (FRC), aller-retour (PCH, LIM), à 4 parties (PIC, LAN30, LAN48, PRO13), à 5 parties (MPY65) ou à 6 parties (HNO27, PRO04-05).
  • Il est possible que dans certains départements, lorsqu’il n’y a qu’une seule joueuse dans une catégorie, elle ne joue pas du tout plutôt que d’être intégrée au championnat mixte correspondant. La plupart du temps, il est bien sûr impossible de savoir s’il n’y avait pas d’inscrites ou si la seule inscrite n’a pas joué ; et je n’ai envisagé ce cas de figure qu’après avoir vu des fiches de tournois avec une seule participante (en 2014-2015, voir en Poitou-Charente, catégorie poussines).
  • Certains départements préfèrent mélanger en priorité les catégories d’âge plutôt que d’avoir des championnats mixtes (HNO27, PDL53, LIM87, CAZ83, CAZ06).
  • On trouve aussi des innovations inattendues : un département a ainsi organisé des championnats mixtes, mais en intégrant les filles à la catégorie d’âge inférieure – les benjamines avec les pupilles et les pupillettes avec les poussins (FRC70).
  • Un autre département a fait jouer ses benjamines et minimes filles avec les exempts des autres tournois (poussins à minimes, garçons et filles) plutôt que de les intégrer dans la catégorie mixte correspondante (MPY31).
  • Certains départements, du fait du manque de joueurs, regroupent leurs championnats. Une séparation mixte/filles est parfois maintenue, avec à nouveau, des championnats à deux ou trois joueuses, à rondes multiples (PRO04-05).
  • Un département a organisé un championnat mixte en intégrant les deux seules filles. La particularité a été de faire jouer les deux filles ensemble à la dernière ronde, sans doute pour que cela constitue leur « championnat féminin séparé » (BRE35).
  • La plupart des départements semblent avoir une approche plus pragmatique : championnats séparés quand les organisateurs estiment que les filles sont en nombre « suffisant », mixtes quand ce n’est pas le cas. Le sens que l’on donne à « suffisant » est primordial : dans nombre de cas, il n’est à l’évidence pas considéré comme synonyme de « permettant de faire autant de rondes (simples) que prévu ».
  • Ainsi, dans les championnats non mixtes, il est très fréquent (pour ne pas dire la norme) que les filles jouent moins de rondes que les garçons ou bien jouent plusieurs fois contre les mêmes adversaires.

Cette diversité interpelle parce que cela veut dire que les filles sont traitées différemment selon le lieu, le niveau (département ou ligue), la catégorie d’âge et l’année. De plus on imagine que les filles ne connaissent leur tournoi (mixte ou féminin) qu’au dernier moment. Les garçons bénéficient d’une stabilité bien plus grande.

Ce qui apparaît également dans ces données est que la mixité est déjà une réalité dans de nombreux endroits – elle est même en augmentation, sans que ça ait l’air de poser de problème. Par contre, elle semble être considérée comme un « moindre mal » (à l’exception des rares cas de mixité de principe). Il s’agit donc de la promouvoir au contraire comme un atout, un vecteur d’égalité entre garçons et filles et comme un moyen de progression pour ces dernières.

Il y a beaucoup de choses à tirer de ces données, et ce sera l’une des prochaines tâches d’Échecs & Mixte. Pour l’instant, pour vous donner envie d’y regarder de plus près et pour montrer que les filles ne sont pas ridicules en championnats mixtes, je me suis amusée à relever le nombre de ceux-ci2, le nombre de podiums comprenant au moins une fille et le nombre de premières places occupées par une fille. Bien sûr, cela ne nous dit rien de la différence entre les niveaux moyens des garçons et des filles.

J’ai considéré uniquement le numéro de la place dans la grille, en négligeant les ex-æquo et départages.

DépartementsNombre de championnats mixtesNombre de podiums avec au moins une filleNombre de championnats remportés par une fille
2012-201312048 (40%)9 (9%)
2013-201416261 (38%)16 (10%)
2014-201516780 (48%)18 (11%)
2015-201616057 (36̈%)18 (11̈%)
2016-201718465 (35%)16 (9%)

LiguesNombre de championnats mixtesNombre de podiums avec au moins une filleNombre de championnats remportés par une fille
2012-2013225 (23%)2 (9%)
2013-2014257 (28%)0 (0%)
2014-20153811 (29%)3 (8%)
2015-2016355 (14%)1 (3%)
2016-20173810 (26%)2 (5%)

 

 

  1. Les départements sont désignés par l’abréviation de la ligue, suivi du numéro de département []
  2. C’est à dire, les championnats effectivement mixtes, où l’on trouve au moins une fille et un garçon []

Les femmes et les enfants d’abord (!?)

Faisant suite au premier volet consacré à l’état des lieux de la diversité des adhérent(e)s de la FFE, et à la demande générale (plus exactement, de ceux qui se sont exprimés sur le site), voici le résultat de mes réflexions sur la population échiquéenne française, du moins celle qui possède une licence. Comme vous le laisse deviner le titre, je me suis particulièrement attachée à décortiquer les profils des jeunes et des féminines, en gardant à l’esprit qu’un adhérent de la FFE peut être les deux à la fois ou ne répondre à aucun de ces critères.

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Parité, égalité, comptabilité : Episode I.

Un des buts affichés de l’association Echecs & Mixte ! est de proposer des mesures en faveur de la mixité aux échecs. Dans un précédent texte d’accueil, j’ai défini ce que pour moi le terme mixité signifiait dans le monde des échecs. Cette définition étant maintenant posée, ce texte est le premier d’une courte série visant à un instantané de la situation actuelle, afin de savoir d’où nous partons, puisque nous savons où nous allons. Cette tâche devra être répétée à intervalles réguliers, afin de juger de l’évolution, et ce suivi est également un des objectifs d’Echecs & Mixte ! Bien que l’association, ne reculant devant aucun sacrifice, ait une vision mondiale du problème, pour cette fois, nous nous limiterons à balayer devant notre porte, c’est-à-dire à examiner les chiffres de la seule FFE (1).

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