A propos des prix féminins dans les Opens d’échecs

L’Open international de Villard de Lans, organisé par l’Echiquier grenoblois dont je suis membre s’est achevé le 4 juillet, avec la traditionnelle remise des prix. Ce tournoi était, pour la première fois, découpé en un tournoi « principal », ouvert à tous et toutes, sans distinction d’Elo ou autre critère, et un tournoi « Accession », limité aux Elos strictement inférieurs à 1501, auquel j’ai participé. Le tournoi « Accession » a rassemblé 52 inscrits dont 16 féminines, soit un peu plus de 30%, allant des catégories vétéran à poussine et il était doté de divers prix. Outre les prix généraux et par catégories Elo, il y avait deux autres types de prix : un prix ‘vétéran’ et deux prix ‘féminins’ et il se trouve que j’ai eu le délicat honneur de remporter le premier prix féminin, doté de 50 €. Vous allez me dire, en éclatant de rire, que c’est vraiment le diable qui m’a offert ce cadeau empoisonné, et je vous répondrai, avec un sourire, que je ne crois pas en une entité immanente, bonne ou mauvaise mais que je vous accorde que c’est une amusante coïncidence.

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Comment ne pas draguer dans un tournoi d’échecs

Du 27 juin au 4 juillet 2015, se déroule dans la charmante bourgade de Villard de Lans l’Open international d’échecs organisé par le club d’échecs auquel je suis inscrite, l’échiquier Grenoblois. Je participe au tournoi en tant que simple joueuse et le premier jour, j’ai demandé au président du club l’autorisation -qui m’a été donnée- d’afficher sur le panneau prévu pour les annonces diverses le petit texte qui va avec le bulletin d’adhésion à Echecs & Mixte !, parce que je suis aussi présidente de cette association. J’ai ajouté à la main sur la feuille que pour tout renseignement supplémentaire, les personnes intéressées pouvaient s’adresser soit à Fabien Libiszewski, dans le tournoi A ou à moi-même, dans le tournoi B.

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Les femmes et les enfants d’abord (!?)

Faisant suite au premier volet consacré à l’état des lieux de la diversité des adhérent(e)s de la FFE, et à la demande générale (plus exactement, de ceux qui se sont exprimés sur le site), voici le résultat de mes réflexions sur la population échiquéenne française, du moins celle qui possède une licence. Comme vous le laisse deviner le titre, je me suis particulièrement attachée à décortiquer les profils des jeunes et des féminines, en gardant à l’esprit qu’un adhérent de la FFE peut être les deux à la fois ou ne répondre à aucun de ces critères.

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Site WEB: ça démarre !

Comme vous avez pu le constater en musardant sur le site, celui-ci n’a pas encore atteint sa vitesse de croisière mais les rubriques s’étoffent. En dehors des billets d’humeur, qui abordent de façon humoristique (du moins je l’espère !) des sujets de fond (si, si, lisez bien), dans les temps à venir, la série « parité, égalité, comptabilité » [1] présentera un panorama aussi complet et détaillé que possible de la situation actuelle à la FFE : des chiffres, des chiffres et encore des chiffres mais, j’en suis convaincue, des chiffres naissent les idées. Notre association n’a pas pour seul but de mettre à plat la situation actuelle et elle est aussi force de proposition, pour preuve la proposition alternative à la `féminine obligatoire’, véritable casse-tête des présidents de clubs. Nous préparons également des interviews et une étude sur les championnats départementaux.

Pour l’heure, n’hésitez pas à nous faire part de vos attentes et suggestions via le site, comme certains l’ont déjà fait et si vous soutenez les idées que nous défendons, adhérez et faites adhérer votre club d’échecs !

Isabelle Billard

[1]: pour vous pousser à surfer sur le site, les titres des différents numéros de la série n’auront pas de lien direct entre eux…

Aurélie DacalorAurélie DacalorAurélie DacalorAurélie DacalorAurélie DacalorAurélie DacalorAurélie DacalorAurélie Dacalor

Parité, égalité, comptabilité : Episode I.

Un des buts affichés de l’association Echecs & Mixte ! est de proposer des mesures en faveur de la mixité aux échecs. Dans un précédent texte d’accueil, j’ai défini ce que pour moi le terme mixité signifiait dans le monde des échecs. Cette définition étant maintenant posée, ce texte est le premier d’une courte série visant à un instantané de la situation actuelle, afin de savoir d’où nous partons, puisque nous savons où nous allons. Cette tâche devra être répétée à intervalles réguliers, afin de juger de l’évolution, et ce suivi est également un des objectifs d’Echecs & Mixte ! Bien que l’association, ne reculant devant aucun sacrifice, ait une vision mondiale du problème, pour cette fois, nous nous limiterons à balayer devant notre porte, c’est-à-dire à examiner les chiffres de la seule FFE (1).

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Le cavalier de ces dames

     Pour aujourd’hui, une fois n’est pas coutume, je ne vous parlerai pas du jeu d’échecs et mon propos sera tourné vers l’une des deux autres FFE, j’ai nommé la Fédération Française d’Equitation.

    Commençons par un petit retour en arrière sur l’art du cheval à travers les siècles. Je pense que tout un chacun tombera immédiatement d’accord que, jusqu’à ces derniers temps, l’équitation était une activité quasiment masculine, et le monde du cheval un monde d’hommes. Je n’en veux pour preuve que l’absence assourdissante de cavalières dans l’histoire : Tout à trac, il ne me vient à l’esprit que les amazones, demi-femmes puisqu’à demi-seins, Jeanne D’arc, brulée vive entre autre parce qu’elle avait refusé de reprendre ses habits féminins qui l’empêchaient de monter à cheval comme un homme et Lady Godiva, dont une seule (courte) promenade à cheval est répertoriée. A l’inverse, entre la garde républicaine, les uhlans ou Attila, j’en oublie, qu’ils me pardonnent, la mémoire collective est pleine de fringants cavaliers. Pour les temps récents et moins barbares, mentionnons Pierre Durand, dont le patronyme banal est associé au célèbre Jappeloup de Luze, tous les deux médaillés olympiques en 1988 (saut d’obstacle) ou encore Bartabas, et enfin, dans l’imaginaire collectif, Zorro et Lucky Luke.

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Nigel Short et les femmes

Deux liens correspondant, pour le premier, à une interview de Nigel Short à propos des femmes joueuses d’échecs:

http://www.telegraph.co.uk/culture/chess/11548840/Nigel-Short-Girls-just-dont-have-the-brains-to-play-chess.html

et le second étant la réponse de la bergère au berger, si je puis m’exprimer ainsi:

http://www.telegraph.co.uk/women/womens-life/11549164/Sexist-chess-row-Girls-brains-are-not-hard-wired-differently-thanks.html

Ces deux liens sont en anglais et nous ne fournissons pas de traduction globale à ceux qui auraient des difficultés avec la langue de Shakespeare. En revanche, un petit commentaire s’impose avant que nous ne décortiquions ces deux textes : « C’est un peu court, jeune homme »… car, vous l’aurez compris, j’aime bien le théâtre.

Isabelle Billard

Organiser une compétition féminine, d’après la FFE

Ci-dessous, le lien vers le fichier (format pdf) du « Guide de l’organisation des compétitions féminines », édité par la FFE en septembre 2013.

Guide_organisation_Competitions-féminines

La lecture -parfaitement édifiante- de ce document vaut son pesant d’or et ce texte fera certainement l’objet d’un prochain billet d’humeur ou d’un commentaire de texte en règle… mais avant cela, lisez-le, qu’il ne soit pas dit que nous déformons la réalité !

Isabelle Billard

 

 

Acte III, scène 2, vers 860.

Pour cette fois, je vais vous parler de théâtre. Après tout, on a souvent comparé les parties d’échecs à des pièces de théâtre miniature, où un destin royal se joue en une unité de temps, de lieu et d’action, comme l’impose la règle du théâtre classique.

Plantons donc le décor familier où va se jouer le drame classique qui fait le sujet de mon billet d’aujourd’hui : Un tournoi d’échecs, la pause entre deux rondes. Des joueurs se regroupent, discutent, commentent leur partie du matin, dans l’attente de la publication des appariements suivants. Certains ont gagné, d’autres ont annulé, d’autres enfin ont forcément perdu. Parmi ce dernier groupe, il va fatalement s’en trouver un ou deux pour tenter de justifier leur zéro pointé autrement que par la dure loi du plus fort, comprenez celle de l’adversaire. Soyez honnêtes, tous ici qui me lisez, des scènes de ce style, vous en avez écoutées, peut-être même en avez-vous jouées :

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Le mythe de la caverne

Les échecs, les femmes, les hommes et le mythe de la caverne

Pour ce premier billet d’humeur dans cette catégorie, je voudrais reprendre et pourfendre un argument maintes fois avancé par certains pour « expliquer » la supposée inaptitude biologique et/ou génétique des femmes pour le jeu d’échecs : j’ai nommé le « mythe de la caverne », en clin d’œil amusé et moqueur à la célèbre allégorie de la caverne de Platon, qui, plus sérieusement, «expose en termes imagés les conditions d’accession de l’homme à la connaissance de la réalité, ainsi que la non moins difficile transmission de cette connaissance » (d’après Wikipédia).

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